Communiqué de presse – Incinérateur CSR : le grand silence de Dominique Cap en pleine campagne
Un projet majeur du mandat soigneusement évité dans le débat public alors que le maire s’est déjà prononcé en sa faveur, acte révélateur d’un système de gouvernance opaque et solitaire
À quelques jours du scrutin municipal, un projet structurant pour l’avenir de Plougastel a disparu des prises de parole du maire sortant : l’incinérateur CSR.
Porté au cours du mandat, ce projet industriel, aux implications sanitaires, environnementales et territoriales majeures, n’est aujourd’hui plus évoqué. Cette absence interroge. Elle ne peut être considérée comme anodine, d’autant que Dominique Cap s’est déjà engagé en faveur du projet.
Pour le collectif Ensemble pour Plougastel, elle traduit un choix délibéré : celui d’éviter un sujet sensible le temps de la campagne et illustre le système opaque de gestion que la ville subit depuis 25 ans.
Un projet majeur soustrait au débat démocratique alors que la décision semble déjà actée
L’incinérateur CSR n’est pas un dossier secondaire. Elle engage :
- la santé des habitants
- l’environnement
- le modèle de développement du territoire avec un équipement destiné à alimenter les nombreuses serres de la presqu’île.
Son absence dans les prises de parole du maire sortant interroge profondément.
Peut-on conduire une campagne municipale en évitant délibérément un projet de cette ampleur ?
Cette stratégie nourrit une inquiétude simple : celle d’un projet mis en retrait le temps du scrutin, susceptible de réapparaître une fois l’élection passée.
Le calendrier du projet interroge autant que son contenu.
La consultation a été lancée du 15 juillet au 15 octobre 2025, avec une première réunion publique organisée le 18 juillet, en plein été et devant un public très restreint. Ce n’est qu’à l’approche de la réunion de clôture du 8 octobre 2025 que le sujet a réellement émergé dans le débat public, sous l’effet de la mobilisation citoyenne et des élus d’Ensemble Pour Plougastel. Juste après, un conseil municipal était prévu dès le 9 octobre pour débattre et rendre un avis. Une démarche de concertation en flux tendu. Cependant,l’avis a été ajourné du conseil municipal, la préfecture ayant constaté les lacunes de la concertation et choisi de retirer le projet. Ce décalage nourrit une inquiétude légitime : celle d’un projet engagé sans avoir été pleinement partagé avec les habitants.
CSR : une fausse solution qui transforme les déchets en pollution
Le principe du CSR repose sur la combustion de déchets non recyclables.
Cette logique ne supprime pas le problème : elle le déplace.
Elle produit :
- des émissions polluantes (particules fines, oxydes d’azote, dioxines…)
- des résidus toxiques (mâchefers et cendres) représentant jusqu’à 25 % des volumes initiaux
Surtout, une installation de près de 20 MW implique un approvisionnement constant — environ 40 000 tonnes de déchets par an.
Autrement dit : elle nécessite d’organiser la permanence du déchet.
Ce modèle entre en contradiction frontale avec les objectifs de réduction et de sobriété.
Un danger sanitaire et des nuisances bien réelles
Même conforme aux normes, un incinérateur CSR émet des substances dont la toxicité est documentée.
Leur impact à long terme sur les populations riveraines est déjà documenté.
À ces inquiétudes s’ajoutent des conséquences concrètes :
- trafic routier accru (au moins 20 semi remorques 7 jours sur 7)
- nuisances sonores
- dégradation du cadre de vie
Ces éléments affectent directement les habitants et posent la question de l’acceptabilité sociale du projet.
Un cinquième mandat pour prolonger les mêmes méthodes : décider sans exposer
Le silence autour de cet incinérateur CSR ne constitue pas un accident de campagne.
Il s’inscrit dans la continuité d’un mode d’administration de la commune.
Depuis 2001, et après quatre mandats successifs, une même logique s’est installée :
celle d’un pouvoir concentré, où les décisions structurantes sont prises sans débat public approfondi.
Depuis 25 ans, c’est un ensemble de lacunes qui caractérise les mandats de Dominique Cap :
- Une politique du logement insuffisante, sans cap clair ni stratégie volontariste, qui laisse perdurer plusieurs centaines de logements vacants. On en compte près de 400 sur la commune, faisant de Plougastel l’une des moins dynamiques de Brest Métropole sur ce sujet. Dans le même temps, la ville perd des habitants, notamment des familles aux revenus plus modestes. Conséquence directe : des classes ferment, alors même que des équipements scolaires récents ont été construits (Mona Ozouf) ou sont en cours à Keravel. C’est tout l’équilibre et le dynamisme de la commune qui s’en trouvent fragilisés.
- des enjeux de sécurité et de prévention traités de manière ponctuelle, sans vision d’ensemble. Des mois sans renforcer la politique municipale malgré les nombreux problèmes, incidents et troubles dans le bourg.
- des projets structurants laissés à l’abandon pendant des années, comme le site du Champ de Foire. Un site central de la commune, en friche depuis 6 ans. Un projet construit avec une très faible concertation, et vendu seulement 250 000 € à un promoteur immobilier.
- enfin, une gestion des grands projets marquée par un manque de transparence. Le skatepark en est une illustration : un équipement reconnu et apprécié, mais dont le coût a fortement dérivé, passant d’une estimation initiale d’environ 3,3 millions d’euros à un montant proche de 5,5 à 6 millions. Une évolution significative, qui aurait dû faire l’objet d’explications, de suivi et de débat public. Par ailleurs, la commune n’a pas pleinement recherché les leviers de cofinancement, notamment auprès de Brest Métropole, qui auraient pourtant permis de mieux répartir l’effort financier. Un projet de cette nature aurait pu être porté de manière plus équilibrée, et ne pas reposer quasi exclusivement sur les habitants de Plougastel. Dans le même temps, ces choix budgétaires interrogent. Des investissements aussi importants auraient pu être priorisés différemment, notamment en direction de l’assainissement, domaine dans lequel la commune accuse un retard significatif et qui constitue pourtant un enjeu majeur pour la qualité environnementale et la protection de la rade.
Ces constats ne relèvent pas d’une critique conjoncturelle. Ils traduisent l’usure d’un système.
Après vingt-cinq ans de gestion continue, la question n’est plus seulement celle d’un projet :
elle est celle d’une méthode et d’une capacité à faire évoluer la commune.
Une seule position claire : le refus du projet Incinérateur CSR
Dans ce contexte, une seule liste a pris une position explicite : Ensemble pour Plougastel.
Ce choix est fondé sur trois principes :
- la protection de la santé publique
- le respect du cadre de vie
- la cohérence écologique
Verbatim – Nicolas Husson, tête de liste pour le collectif Ensemble Pour Plougastel
« On ne peut pas, après quatre mandats, continuer à gouverner en évitant les sujets qui engagent l’avenir de la commune. Dominique Cap s’est engagé publiquement en faveur du projet et pourtant n’en parle pas dans sa campagne. L’ incinérateur CSR est un projet structurant. Nous faisons un choix simple : dire la vérité aux habitants et refuser ce qui présente des risques pour leur santé et leur environnement. Notre positionnement est clair.»
Verbatim – Sten Le Gall, colistier Ensemble Pour Plougastel
“On parle d’une installation qui pourrait brûler jusqu’à 40 000 tonnes de déchets par an, dont 40% de plastiques. Même avec des filtres, cela génère des émissions toxiques : particules fines, dioxines, métaux lourds. Ces polluants ne disparaissent pas, ils se diffusent dans l’air, les sols et l’eau. Ce n’est pas seulement le site qui est concerné, mais tout le bassin versant, jusqu’à la rade, avec des impacts potentiels sur la qualité de l’eau, les zones de baignade et l’activité ostréicole. On pense à l’écloserie du Tinduff notamment. Ce type de projet pose clairement une question de santé publique et de protection de l’environnement.”
Verbatim – Séverine Allain, colistière Ensemble Pour Plougastel
“Ce que nous dénonçons, ce n’est pas un projet isolé, c’est un système. Depuis des années, trop de décisions importantes donnent le sentiment qu’elles se prennent sans les habitants. C’est ce que nous disent très clairement les Plougastellen et les Plougastels. On l’a vu sur le Champ de Foire, vendu après une concertation très limitée. On le voit sur la chaufferie CSR, qui suscite des inquiétudes fortes sans avoir été réellement débattue. On le voit aussi sur le financement du skatepark, qui n’a pas été suffisamment sécurisé en amont. Et sur d’autres dossiers structurants, comme Goarem Goz, beaucoup d’habitants ne savent tout simplement pas où on en est, ni quelles décisions sont prises. Ce n’est pas une accumulation de cas isolés. C’est une méthode qui s’est installée au fil des mandats. Après plus de vingt-cinq ans, nous pensons qu’il est temps de changer de système : remettre de la transparence, du débat, et associer réellement les habitants aux décisions qui engagent l’avenir de la commune.”
Verbatim – Manon Agrissais-Le Meur, colistière Ensemble Pour Plougastel
« On nous explique qu’il n’y aurait pas d’alternative à la combustion des déchets pour chauffer les serres. C’est faux. Des solutions existent : biomasse locale, géothermie, solaire thermique. Elles sont utilisées ailleurs, elles sont éprouvées, et surtout elles sont compatibles avec un modèle écologique cohérent. Le vrai sujet, ce n’est pas l’absence de solution, c’est le choix qui est fait. Et quand on regarde le calendrier — une consultation en plein été, un débat qui n’émerge que tardivement, des décisions qui s’enchaînent immédiatement — on peut légitimement se demander si tout n’a pas été fait pour éviter que ces alternatives soient réellement mises sur la table. »
Conclusion
La disparition du sujet de l’ incinérateur CSR du débat public n’est pas anodine.
Elle révèle une manière de faire de la politique : éviter les sujets sensibles plutôt que les assumer.
À Plougastel, après quatre mandats, les habitants sont en droit d’attendre autre chose :
de la clarté, de la transparence et des choix assumés.
A PROPOS D’ENSEMBLE POUR PLOUGASTEL
Ensemble pour Plougastel est une liste citoyenne de gauche rassemble des habitants de la presqu’île au-delà des partis engagés pour l’alternance à Plougastel-Daoulas, pour une ville plus inclusive, sociale, écologique et dynamique et avec une véritable démocratie participative.
Contact : Nicolas Husson (06 32 99 42 04)

